samedi 20 mars 2010

Figure ressemblante

27 A bien y réfléchir...

On est comme l’univers naît

L’homme et l’univers correspondent: une essence pour une naissance. Nombre de points les unissent, leur attribuant une affinité observable.
Tout au long de sa vie, chaque individu, même humble, se trouve placé à mi-chemin — comme le cosmos originel — entre l’infiniment grand et l’infiniment petit. Le savoir rend vaniteux. Qu’en est-il alors du pouvoir? Mais passons.
Nos télescopes ou microscopes, foncièrement indiscrets, nous invitent à reluquer les dessous intimes et les lieux du météorisme initial de Dame Nature. Depuis que ses voiles sont soulevés, on en apprend de belles sur la belle.
L’univers balbutiant compta très tôt d’innombrables systèmes planétaires regroupés en galaxies. L’homme, de son côté, compte (pas à l’unité près, ce travail serait trop fastidieux, surtout actualisé journellement) des quantité monstrueuses d’atomes regroupés en molécules.
Les soleils joyeusement apparaissent, disparaissent, réapparaissent ailleurs. Les atomes du corps humain itou.
D’une minuscule et unique localisation énergétique partit la formation d’un univers en pleine croissance. D’une minuscule et unique cellule part la formation de chaque bonhomme en pleine croissance.
Dans les couches d’enfantement du big-bang, s’étale un genre de brouillard refroidissant composé d’une matière incertaine. L’esprit du petit d’homme, pas encore formé aux matières nobles, baigne dans un brouillard d’idées qui refroidit la raison.
Même adultes, certains n’en sortent jamais. Par exemple, ces fanatiques religieux qui tournent mal, détournent des avions vers des tours pour tour à tour faire leur mauvais tour, tels des vautours tourmenteurs et menteurs, voleurs de vie en vol.
Les derniers des hommes sont à l’évidence loin du premier, qui en réalité ne l’est pas: analytiquement parlant.
Chacun d’entre nous devrait se sentir concerné par un tel type d’apparence où la figure déterminante permet, quand on le veut vraiment, de s’affranchir du retour répétitif aux lois impératives.
Cette pauvre pomme d’Adam, libéré des incompréhensions fautives de son cerveau reptilien, peut enfin découvrir la vraie personnalité d’Eve. En lui-même, il la comprend. Son jugement se conçoit. Sa cote n’est pas perdue grâce à la connaissance qu’il obtient d’elle. Il en prend conscience: elle est sa moitié réflexive et réfléchie. De même, le fruit ainsi que son ver dont les leçons doivent être absorbées. Ensuite, Adam assimile tout. D’ailleurs ou d’ici, plus tôt ou plus tard, l’homme donne naissance à l’homme, sans accoucher. S’abstenant d’exposer l’extrême fond de sa pensée (si peu parfaite), il rend service à tout le monde.
Au matin du monde, la bonne nouvelle d’une bonne étoile pareille (en se référant à l’adjectivé substantif précédent), sans précédent, c’est clair, rayonne autour d’elle. L’autre, ailleurs, est un pesant trou noir à la définitive obscurité d’où rien ne sort, pas même la foudre et ses coups.
Au tournant d’une génération nouvelle du monde pareil (en se référant à l’adjectivé substantif précédent), l’homme bon (et cent pareils) ayant le feu sacré, rayonne l’amour autour de lui. L’autre, ailleurs, comme un animal pesant est enfermé dans ses noires pensées et pour rien fulmine.
La chaîne humaine forme ainsi une ronde spiralante, semblable à l’évolution des galaxies.
Martin GALGALLUS

samedi 13 mars 2010

Figure tordue

26 A bien y réfléchir...


Tout le monde a besoin de ronds

Notre fameux «big-bang» et son pendant, le «big crunch» seraient donc les deux faces d’un même événement explosif. Le premier fut si marquant qu’on en parle encore aujourd’hui, alors qu’il date de plusieurs milliards d’années. A côté, s’agissant des histoires de primates plus ou moins dégrossis qui nous tracassent d’ordinaire, on sent la petitesse. Même nos gravissimes problèmes actuels seront sans doute oubliés dans quelques millions d’années.
Par exemple, cette impossibilité prévisible, sur la planète entière, d’alimenter en suffisance, d’ici seulement quelques décennies — par conséquent à très court terme au regard des temps géologiques —, avec le liquide terrestre essentiel ou n’importe quelle forme d’énergie permettant au corps humain de se mouvoir afin d’exister, nos véhicules motorisés.
Bien que détonant, le phénomène du «big crunch» n’a rien d’étonnant. Dans certains domaines, on retrouve ce genre d’antipode. Pensons à la matière et l’antimatière, la particule et l’antiparticule, l’atome et l’antiatome, le moine et l’antimoine… Sans négliger pour autant, le temps et le contretemps (qui semble induire les invraisemblances facétieuses de la mécanique quantique).
Cet aspect «double» des choses n’est donc pas unique. On l’observe même chez les buveurs de scotch, après leurs nombreuses commandes utilisant ce terme, et qui voient ainsi.
Ajoutons aussi l’éminent corollaire découvert par les savants grecs de l’antiquité, qui proclame: toute chose coupée entièrement forme deux morceaux. Avancée décisive de la connaissance : axe fondamental d’où les mathématiciens arabes purent élaborer l’algèbre.
Toutefois, comme cela arrive avec l’orthographe, il y a des exceptions. Cette belle règle opératoire ne fonctionne pas à tous les coups. Le ruban de Möbius en est un bon exemple. Si l’on coupe cet anneau tout du long, le résultat obtenu est singulier: une seule bande. Un anneau plutôt banal au demeurant, qui n’inspire aucun élan affectif. Une longue ganse aux deux faces redevenues bêtement séparées et qui se torsade à la manière d’un brin d’ADN d’être annelé.
Néanmoins, il s’agit d’une curiosité qui peut nourrir la réflexion de l’amateur d’infini car ce n’est pas fini. Coupé à nouveau tout du long, l’objet antérieur forme un ensemble de deux anneaux distincts mais enchevêtrés où chacun a une apparence hélicoïdale. Ce dernier trait permet d’avancer puisque le mouvement est synonyme de vie.
Ainsi se déroule cette boucle magique qui en comporte plusieurs en son sein. Coupée et recoupée, elle ne perd jamais son unité.
Comme quoi tout est dans tout. Ce formateur précepte, faut-il le rappeler, possède la particularité ahurissante d’être également vraie en sens inverse: paradoxe de l’ordre du sublime. Vérités syncrétiques pour l’astronome lunatique rivé à son télescope numérique et l’utilisateur excentrique d’un microscope électronique.
Deux considérations en vague forme de chiasme qui s’apparentent au concept des origines: l’œuf engendre la poule, ou bien est-ce le contraire ?
Martin GALGALLUS

samedi 6 mars 2010

Figure coupée

25 A bien y réfléchir...

La création nécessite un petit joint

Contrairement aux deux infinis inversés du ruban de Möbius, notre analogie (comme n’importe quelle autre d’ailleurs) a ses limites.
Va donc récidiver, l’objecteur de science (conscience ici ne s’appliquant pas, encore que l’apport syllabique initial complémentaire d’un pareil terme ne peut qu’aider à mieux identifier le sujet du royaume des recherches cognitives dont on parle). Sa réfutation pourrait se faire en ces termes: entre big-bang et big crunch, côté infini astronomique, on aurait ainsi une boucle, et côté microscopique, forcément, une seconde boucle. Résultat: les «bouts» seraient «collés» à deux endroits différents. Sachant que 180° plus 180° égalent un tour complet, [ricanement] votre ruban de Möbius craque.
Bien qu’elle soit d’une logique implacable, cette observation est discutable, alors discutons-en. Nos élucubrations nous permettent d’avancer que les boucles en question ne sont pas identiques. La preuve: aucun éléphant ne peut entrer dans un atome de porcelaine (et c’est heureux, imaginez les dégâts en cas d’affolement du pachyderme). D’autre part, si vous pesez l’éléphant à l’aide d’une grosse balance (sans dénonciation aucune), qu’il soit chargé ou non d’un atome de porcelaine, l’aiguille ne bouge pas.
En fois de quoi, toutes choses étant plus ou moins égales par ailleurs, dans cette ténébreuse affaire, seul l’infiniment petit est coupable: une torsion continue doit par conséquent environner la «jointure».
D’intrigants paradoxes, constatés à l’échelle quantique, en font foi. Tels ceux que recèle le postulat du père Noël. Ubiquité, seul argument plausible, en mesure d’élucider le phénomène d’une remise de cadeaux instantanée dans chaque fuseau horaire. Cubage restreint du véhicule (ou pire, capacité moindre d’une hotte) comparé à l’encombrement d’innombrables jouets sous empaquetage antichoc (en se basant sur un dénombrement moyen de 3 présents 1/4 par enfant, mômes désobéissants inclus). Livraison à une date fixe au minutage draconien (quelques secondes de battement). Traîneau volant sans ailes ou rotor. Et ces rennes qui s’affranchissent des règles pesantes de l’attraction terrestre pour cavaler dans l’azur nocturne, à quoi ils carburent au juste, on aimerait bien le savoir?
De sorte que même pour les plus fins experts, ces domaines renferment encore beaucoup d’étrangetés, pas toutes résolues jusqu’à aujourd’hui.
Martin GALGALLUS

samedi 27 février 2010

Figure bouclée

24 A bien y réfléchir...


Un point c’est tout

Celui qui est pris d’une irrépressible envie d’avoir un ruban de Möbius personnel (en fait, chacun d’entre nous, tôt ou tard) sait que sa fabrication implique une partie première : la jointure. Instant décisif où il ne faut oublier ni une torsion de 180° à l’un des bouts ni la colle. Sinon, une fois collé, vous méritez l’unique note identique à la forme élémentaire obtenue: zéro.
Si l’on admet que, grâce à Möbius, nos deux infinis contraires et universels ne forment qu’une seule étendue, où se trouvent les bouts collés demandera le scientifique douteur. Mais on pourrait tout aussi bien employer l’approprié synonyme du dernier terme, à savoir: douteux.
Entre parenthèse, voici la synthèse d’une hypothèse de thèse sans métathèse.
Le big-bang engendreur d’un univers boumant a besoin de sa contrepartie, que certains appellent «big crunch». Faute de quoi, il manque l’essentiel: la possibilité d’une dimension concevable de démarrage.
Autrement, à quel niveau infime commencerait le big-bang, sachant que ce départ à lieu forcément «quelque part» au cours de l’infiniment petit? Où placer la butée du curseur?
Un problème qui peut en poser un même à Dieu: une vraie colle. Car «avant» l’instant du démarrage cosmique, cette «dimension» serait trop petite: d’une insignifiance piteuse, presque risible.
Sans compter qu’à une échelle pareille, cela peut vite devenir catastrophique. Au lieu du point de départ attendu: pfft! rien du tout. Rien que du rien, et pas autre chose.
Outre qu’un truc si petit peut s’égarer facilement, glisser entre les doigts divins, se perdre Lucifer sait où: même pas le diamètre d’un grain de poussière, d’un atome, d’un quark… Bref, pas bésef!
Et parlons-en car c’est important, une perte aux conséquences tragiques: pas de planète bleue et pas d’hommes pour la polluer. Quel gâchis (potentiel) c’eut été! Par bonheur, l’immodérément infinitésimal cordon a pris: nous offrant l’opportunité de polluer entièrement la terre. Donc tout va bien!
Alors revenons à notre interrogation récurrente. Quand l’espace (ici on n’a pas le temps de parler de lui) apparut, il avait quelle taille précise l’étonnant détonant (dans la mesure où Dieu, seul témoin irrécusable, tendit l’oreille) point génésiaque?
L’aboutissement consécutif au big crunch (pour s’épargner l’emploi de «terme», à connotation irrévocable et pathétique) résout élégamment l’énigme en question. D’une part, il autorise l’union des «bouts à coller», d’autre part, il règle automatiquement la valeur du point de départ recherchée. Celle-ci se situant très exactement à la seule position médiane en mesure de réunir les deux infinis. Tel le tour de taille d’une star, ni excessif ni insuffisant: parfait!
Martin GALGALLUS

samedi 20 février 2010

Figure ronde

23 A bien y réfléchir...

La solution de continuité est renversante

Reprenez une petite portion de noix: la suite réclame encore un peu d’attention. Après, vous pourrez vous détendre avec l’assemblage des 5000,25 pièces de votre puzzle représentant la voûte céleste.
Les décimales (0,25) ont leur raison d’être. D’une façon mathématisée, elles indiquent la présence de quelques pièces superfétatoires (pas des doubles) étudiées avec un soin extrême afin d’égarer le joueur. Autrement la partie serait trop simple et risquerait de s’achever en un temps ridiculement court.
Tout savant d’envergure a une fonction essentielle. Doué d’une précision d’horloger maniaque d’exactitude, d’un souci du détail scrupuleux de métreur assermenté, d’une rigueur fervente d’investigateur passionné par le décryptage des mécanismes de l’univers, ses efforts constants le portent à démontrer avec acharnement l’impossibilité de la moindre nouvelle proposition scientifique – surtout celle d’un collègue de promotion. Bien sûr, dans le but d’élever toujours plus haut les nobles valeurs d’une science idéale, exonérée d’erreurs. Un tel zélateur de l’épistémè ne pourrait s’empêcher d’objecter. Si le huit couché forme une ligne unique, sans contact à l’intersection, et que chaque boucle relève de l’infiniment grand pour l’une et l’infiniment petit pour l’autre [rire], cette belle théorie s’écroule d’elle-même! Comment ces deux infinis se raccorderaient-ils? Chihuahua et saint-bernard, nucléon et supergéante rouge, hypocondriaque et bilieux, blablabla…
Critique judicieuse, mais ce serait trop vite oublier l’attachant Möbius et sa bande au complet. Que nous dévoile l’anneau retournant de l’astronome? Chaque endroit du ruban à son envers, et pourtant sa superficie est partout la même, sans interruption: quelque chose d’unique!
S’inspirant de cet exemple singulier, on pourrait admettre que les deux infinis si opposés qui circonscrivent notre monde à chaque instant ne forment en réalité qu’une seule et même étendue. Où l’on voit une nouvelle fois que Dieu serait peu prodigue de Ses prodiges. Chapeau l’artiste!
Existe-t-il une meilleure façon de procéder? L’habileté souveraine en littérature – donc en tout – c’est d’obtenir le maximum d’effet à l’aide d’un minimum de moyens. N’importe quel humain créateur de n’importe quoi pourra donc gracieusement louer Sa performance.
Martin GALGALLUS

samedi 13 février 2010

Figure parlante

22 A bien y réfléchir...

Le symbole de l’infini fut conçu à dessein

Rappelons que l’indication de l’infini (pour nos usages courants si fréquents) est un huit couché: ∞.
Le fait que ce symbole reste constamment couché ne surprendra personne si l’on pense qu’il s’applique à des espaces illimités: de quoi être vite épuisé. Première explication parfaitement claire que tout le monde est capable de saisir d’emblé.
En revanche, la forme doublement giratoire exige un petit effort mental. C’est pourquoi, il convient d’ajouter à votre intellection quelques neurones frais en avalant une ou plusieurs noix (selon sa taille, son poids et la circonférence de sa cervelle). Il existe des abaques commodes qui facilitent ces calculs, alors autant respecter les quantités idoines. Mais quel que soit le résultat chiffré, ne jamais oublier: la noix s’absorbe coque enlevée (au contraire de l’œuf à la coque, bien que celle-ci ne se mange pas davantage). Cette pratique fondée est pourtant inenvisageable sur les bateaux, sinon ils coulent.
Le système à double boucle nous rappelle que l’infini se perd dans deux directions: l'immensité versus l'infinitésimalité. Sans doute, certains l’ont déjà ressenti au cours de leurs déplacements dans les transports en commun: sans grève ou avec.
Remarque importante: quelles que soient les circonstances, ces deux étendues inverses ne doivent pas être confondues, surtout quand elles atteignent des dimensions extrêmes. Ou cela peut créer des problèmes insolubles. Il faut donc rester vigilant.
Les chercheurs scrupuleux peuvent remarquer que le croisement des deux boucles ne se fait pas sur un même plan: point crucial mais non unique. Cette intersection s’opère obligatoirement dans la troisième dimension. Bien sûr, l’axe vertical de notre vision du pictogramme rend l'appréciation difficile. Mais l’habitude aidant, cette particularité géométrique devient vite distinguable, même sans microscope.
Les lignes du symbole de l’infini ne se croisent donc pas «physiquement», telles ces bêtes d’exception destinées aux concours. Pourquoi ça, pourraient – durant la pause d’une rencontre sportive – se demander un groupe de téléspectateurs qui se désaltèrent. Oui! pourquoi ce recours à la troisième dimension, alors qu’il serait si économique de n’en utiliser que deux?
Parce que c’est indispensable. Déjà qu’on ne croise pas les chihuahuas avec des saint-bernard, à plus forte raison, quand il s’agit de l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le chemin d’un nucléon n’a aucun rapport de taille avec la trajectoire d’une supergéante rouge. N’étant pas s’assortis, ils ne peuvent s’accoupler. De même qu’aucun hypocondriaque ne toucherait un bilieux lors d’une épidémie grippale. Par principe: méthodique dans le premier cas, idiosyncrasique dans l’autre. Vérités d’évidence qui se conçoivent aisément. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour cela.
Martin GALGALLUS

samedi 6 février 2010

Question existentielle


21 A bien y réfléchir...

Les incertitudes sont universelles

Le surgissement de l’univers, grâce au fameux big-bang, n’a pu se produire qu’ailleurs (à une adresse impossible qu’aucun facteur virtuose ne saurait dénicher), hors du couple espace-temps. Sans quoi cela signifierait que sa présence précéda sa survenue: absurde! Avant qu’une chose ne soit créée, elle n’existe pas. On doit par conséquent considérer cette dernière comme nulle et non avenue.
Une sacrée question qui ne souffre d’aucun compromis, ou alors on sombre dans la folie shakespearienne. Ainsi l’histrion figurant Hamlet, qui crâne face au verbe substantivé, évoque un constat intrigant dont le prince du Danemark s’avère, dans son délire, incapable de trancher, avec sa célèbre formule: naître ou n’être pas.
Une alternative que tout le monde aurait intérêt à ne jamais oublier dans la vie courante. La réalité de toute chose repose seulement sur deux possibilités: elle est avérée ou non. Un choix simple: c’est soit l’un, soit l’autre. Et il convient d’apprécier en permanence la justesse de son analyse, spécialement quand l’autre est suspect.
Ainsi concernant les affaires de gratifications fabuleuses – qui immanquablement virent à l’arnaque –, toujours se méfier des intermédiaires quand ils ne fournissent aucune preuve tangible. Ou «connaissable», comme lors de la dernière (mais pas ultime) crise du pognon à gogos, avec ses innovations financières «sophistiquées» (dernier adjectif riche en significations telles frelatées, trafiquées, et surtout falsifiées). De sombres calculs pour cela totalement opaques.
Ce n’est pas pour rien que nos anciens, plutôt fines mouches, dans la mythologie grecque, choisirent un seul dieu (Hermès) qui fut commun aux marchands et aux voleurs. On l’aura compris, l’insuffisance divine n’était pas en cause car les sages de ce temps étaient prodigues en dieux allégoriques, leur fécondité surhumaine étant due à un engendrement fantastique. Sans compter l’ère des Romains où tous furent doublés. Il est vrai qu’on ne chipotait pas à l’époque, comparé aux parcimonieuses religions monothéistes. Des pertes auxquelles s’ajoutent, aujourd’hui, nos ressources minérales, d’innombrables espèces végétales et animales, outre les espèces bancaires, l’ample offre de produits agricoles.., ces variétés dont le spectacle agrémente pourtant l’art du divertissement.
Martin GALGALLUS

samedi 30 janvier 2010

Nature débordante

20 A bien y réfléchir...

L’espace disponible de l’univers n’est pas compté

A l’évidence, on ne case pas un bel univers comme le nôtre nulle part. Il nécessite une place conséquente. D’autant plus qu’il ne cesse de croître. Ce qui nous ramène au «contenant» et à un problème de rangement: sur quoi notre univers gagne-t-il son extension? Grenier, cave, échauguette, balcon, appentis, garage…?
Si dans un local bondé une grosse brute écarte les bras, ses voisins fluets se compriment davantage. Tout espace récupéré empiète forcément sur quelque chose: où que ce soit, quoi que ce soit. Chaque usager du métro connaît cet axiome d’instinct.
Puisque l’univers se dilate, et pas qu’un peu d’ailleurs, c’est au détriment de quoi? Forcément d’un «machin» qui peut l’accueillir sans couiner. Il ne faut pas nous prendre pour des buses!
Et soyons sérieux, on ne peut imaginer que notre univers soit environné de néant, cela signifierait qu’il se trouve à l’intérieur même du néant. Et toute chose plongée dans le néant est ipso facto néantisée. Hors notre univers existe bel et bien, autrement personne ne poserait ces grandes questions qui obnubilent les générations successives d’humains depuis leur accès au raisonnement verbalisé, telle: à quelle heure on mange?
Selon toutes vraisemblances, le «lieu» d’accueil du big-bang, et à sa suite l’univers tout entier, ignore la parcimonie. A croire qu’on pourrait tous aussi bien loger plusieurs univers, peut-être même une myriade, dans ce truc sans nom connu du public.
Martin GALGALLUS

samedi 23 janvier 2010

Position indéterminée

19 A bien y réfléchir...

Notre univers est forcément apparu en un point indubitable

Pour que le big-bang eut lieu, un autre d’ordre plus ou moins «spatial» dû l’anticiper. Un «lieu» difficile à définir sinon par une absence de propriétés matérielles. On pourrait conséquemment appeler celui-ci un «non-espace-temps». Il s’agit en fait d’un «non-lieu» possédant néanmoins une certaine substance, sans doute infinitésimale: presque rien, mais quelque chose quand même. Un vide bien plus vide que notre vide à nous, lequel n’est jamais qu’une partie constitutive de la matière. Sans vide, pas d’atome et sans atomes, pas de matière. Notre vide le plus absolu s’avère donc être de la matière. C’est si vrai qu’en grande quantité, nous apprennent les astronomes, il dégage de l’énergie.
Un vide sûrement très proche du vide cérébral dont sont affligés ceux qui entendent à la lettre les livres saints, pour leur malheur. Et surtout celui des autres, les esprits libres qui veulent échapper au joug débilitant des mabouls de Dieu.
Une «chose» frisant l’abstraction, animée de virtualités prodigieuses, qualités indispensables au développement d’un big-bang viable, dont le fonctionnement vraisemblable pourrait s’apparenter aux bizarreries du pays fantasque d’Alice. En ce domaine, on doit s’attendre à tout, sinon au grand Tout. En tout cas, l’endroit devrait présenter des attributs encore plus aberrants que ceux produits par la mécanique quantique, déjà limites, avec ses lois physiques contraires aux principes bienséants de l’honnête homme.
Martin GALGALLUS

samedi 16 janvier 2010

Entendement indéfini

18 A bien y réfléchir...

L’infini nous fait tourner en rond

La bêtise humaine recèle une caractéristique partout répandue: l’illimité. On peut donc en tirer quelques déductions utiles au musard. L’homme (bête ou non) se situe entre deux infinis: à égale distance de l’en deçà sans fin du quasiment rien et l’au-delà sans fin des étendues astronomiques. Deux notions extrêmes que l’esprit humain ne peut appréhender pleinement puisque limité aux capacités restreintes d’un cerveau fini. La saine intelligence, par conséquent, devrait pousser le sage à choisir un sujet de réflexion plus accessible.
Cependant, l’insensé ne renonce jamais à gloser l’incompréhensible, afin de goûter ce plaisir divin réservé aux seuls arpenteurs d’incommensurable. Mais dans ce cas, comment imaginer d’une façon satisfaisante un espace dénué de terminaison, débouchant à ses «extrémités» sur des vastitudes toujours renouvelées?
Sous le sot du secret (qui garde des seaux sans raison), circule cette spéculation. Qui dit infini, dit aucun arrêt. Hors, si vous vous trouvez sur un cercle, il n’y a d’arrêt nulle part. Autrement dit: ni commencement ni fin. Et si ce cercle est de dimension pharamineuse, comment pourrait-on soupçonner la tromperie? C’est-à-dire le retour cyclique au même «endroit», l’observateur n’y voyant que du feu.
Assurément, un tel processus prouverait que Dieu économise ses moyens: sans se montrer pingre, n’exagérons pas. D’ailleurs qui Lui donnerait tort par ces temps de crise d’espèces? En admettant évidemment que Son existence soit prouvée scientifiquement, telle l’avidité sans scrupules des traders qu’un économiste rigoureux peut mettre en équation.
Il faudrait être cintré pour croire que la création fonctionne ainsi, pensera le rationaliste. Justement, tout est là: cintré. Ici, ce terme convient à merveille. Puisque l’espace-temps se déforme occasionnellement nous dit la science, pourquoi n’existerait-il pas un infime «cintrage spatio-temporel», global et constant, qu’aucun instrument (actuel) ne peut mesurer? Une courbure infime à un point tel qu’elle est totalement imperceptible: comme la compassion chez ces chefs religieux condamnant à mort des hommes sous prétexte que ceux-ci auraient «déplu» à Dieu. Nouvelle preuve que la connerie androïde, doublée en l’occurrence d’ignoble cruauté, ne connaît aucun bornage. Ce type d’odieux dol – maigre consolation – indique cependant qu’on reste bien dans notre sujet: l’infini.
Après tout, la création nous propose maints modèles circulaires où tournent des tas de choses: les électrons autour du noyau atomique, les planètes autour du soleil, les formations stellaires autour de l’axe galactique, les garçons autour d’une jolie fille, le monde entier autour de l’égotiste, l’emberlificateur autour du pot… Bref, tout tourne autour de nous et en nous, à nous faire tourner la tête. Alors, pourquoi notre espace-temps – si élastique – n’en ferait-il pas autant? Du reste, l’univers n’est-il pas en expansion continuelle sans à aucun moment éclater comme un ballon caoutchouteux – fameux prodige –, alors qu’il s’infléchisse un soupçon de chouïa, où serait la difficulté? Qui peut le plus peut bien autre chose.
Martin GALGALLUS

samedi 9 janvier 2010

Philosophie souterraine

17 A bien y réfléchir...

Le plus grand des philosophes est américain

Rien ne pouvait laisser prévoir le destin inouï de ce maître philosophe quand on connaît son origine géographique lourdement handicapante (la nation des mixtures culinaires impardonnables). Evidemment, tout le monde ne peut pas être issu d’un sol où naquirent les premiers nectars vinaires à bulles prévus pour célébrer nos événements marquants ou bien ce fleuron d’une haute technologie qu’est la pince à escargot. Malgré son sort contraire, cet esprit supérieur, vivant – on ne le soulignera jamais assez – parmi d’authentiques sauvages dans l’art de vivre, parvint à offrir au monde le fruit splendide de sa concentration intellectuelle. Après une telle description, bien sûr, chacun aura reconnu le nom de ce brillant penseur qui n’est autre que Gene Roddenberry.
Au milieu du siècle dernier, ce géant des investigations cognitives prodiguait ses cours exotériques sous forme de séries télévisées. Procédé judicieux pour dispenser la sagesse, très innovant à l’époque. Il permettait d’atteindre en peu de temps une infinité de disciples.
Les travaux essentiels de Gene Roddenberry portent le nom de Star Trek: pour marquer vraisemblablement l’espace incommensurable où peut s’ébattre une pensée libre de toute entrave.
Abordons maintenant la substance de son œuvre, laquelle n’a pas d’équivalent. Sans doute, Platon, avec sa caverne, propose-t-il un éclairage intéressant sur la condition humaine. Mais cela manque de clarté. Heureusement, plus de 2000 ans plus tard, notre puissant penseur apporta sa contribution au savoir universel, et quelle contribution. Gene Roddenberry réinterprète l’allégorie bien connue où joue un rôle important une simple grotte préhistorique destinée aux Hellènes ignorant tout du confort cérébral (pourtant si indispensable à nos contemporains, comme le mobile multifonctions ou les slips antibactériens).
On le comprend bien, en ce temps-là, compte tenu du public antique, on ne pouvait guère espérer mieux quant au chez-soi réflexif. Ces circonstances caduques engendraient un carcan mental dont se libère  hardiment notre méditatif d’outre-atlantique qui remplace le trou à rat de l’Athénien par une cavité ultraperfectionnée: sorte d’antre futuriste nommé «holodeck». Son concept majeur.
Pour les ilotes, rappelons ce qu’est le holodeck. Il s’agit d’un immense local vide qui se programme à la manière des jeux vidéo. On y fait apparaître n’importe quel environnement minéral, végétal, animal, accompagné de tous les objets et personnes imaginables. Après quoi, l’individu pénètre dans ce milieu pseudo-virtuel où tout est bel et bien tangible, aussi crédible que l’univers «normal». Sur le plan inspirateur, c’est quand même autre chose que l’indigent repaire du Grec. Entre les deux métaphores, il n’y a pas photo!
Cette idée avant-gardiste permet de susciter des réflexions inspirantes parfaitement adaptées à l’homme moderne, dont la suivante. Admettons l’existence d’une personne plongée à son insu dans le holodeck. Comment celle-ci pourrait-elle percevoir la vraie réalité?
Seul moyen pour connaître (ou retrouver) l’ultime réalité: découvrir la porte cachée derrière le faux décor si croyable.
Réalité suprême tant recherchée par Platon, dont ce dernier n’a cependant jamais indiqué la manière exacte de l’éprouver, dans le sens concret où l’on met la main sur sa clé égarée. Peut-on être plus clair?
Donc, pour nous autres mortels, tout ne serait que leurres: une réalité artificielle.
Un collègue de Gene Roddenberry, lui aussi professeur en sapience par voies audiovisuelles, le confirme à sa façon avec son célèbre précepte philosophique: « la vérité est ailleurs ».
Martin GALGALLUS

samedi 2 janvier 2010

Raison épidermique

16 A bien y réfléchir...

L'humanité nous en fait voir de toutes les couleurs

La coloration «peau d’Arabe» est très recherchée par l’homme blanc. En effet, l’heureux porteur d’une telle nuance possède l’indéniable avantage de pouvoir se pavaner autour du bipède resté pâlot, l’air dédaigneux, tels ces oiseaux danseurs au plumage orgueilleux – les rectrices frémissantes. L’assourdissant discours sous-entendu d’un tel paradeur est à l’évidence on ne peut plus explicite: Toi, t’as pas les moyens d’aller hâler au soleil des rivages exotiques ou sur une piste enneigée. Hou ! que t’es vilain!
De sorte que tous les blancs ne sont pas aussi blancs qu’ils le prétendent. Cela entraîne, du reste, une question qui demanderait un éclaircissement: à quelle nuance précise s’arrête le blanc – exactement? Autrement dit, quand l’homme blanchâtre cesse-t-il d’être blanc? Pour devenir autre chose, mais alors quoi?
Sans conteste, les noirs ne présentent pas un épiderme d’une noirceur absolue. Il existe chez eux une large variété de nuances foncées. Pourquoi, en sens inverse, n’en va-t-il de même avec l’homme blanc ? Que l’on sache, arabe n’est pas une couleur, ni iranien, ni indien... Pourquoi donc tous ces blancs d’apparence ne sont-ils pas estampillés blancs authentiques? Alors que, parmi eux, beaucoup sont moins sombres que certains «vrais» blancs grillés aux rayons dorant des riches. Cette interrogation a de quoi obscurcir l’esprit.
Par ailleurs, quand un blanc bien blanc se cuit au soleil, l’écueil restera toujours pour lui les traces du maillot – disgracieuses. La tribu des nudistes, qui ont résolu depuis longtemps ce problème épineux, nomment les personnes soucieuses de conserver un minimum de tissu: «fesses blanches». Evidemment, tout le monde souhaite échapper à ces marques peu seyantes – pour les moments de stricte intimité, cela va sans dire. C’est pourquoi, à l’abri des regards indiscrets, certains fignoleurs exposent la totalité de leur épiderme aux rayons colorants. Ce faisant, s’ils sont très impatients, le risque est grand qu’un coup de soleil touchant leurs parties blafardes empourpre celles-ci à outrance. Le peuple, dans son langage cru, pourrait alors appeler ces perfectionnistes trop rissolés, à juste titre: «culs rouges». Tels nos cousins simiesques exhibant, sans pruderie maladive, leur postérieur rubicond. Ce en quoi ils ont bien raison puisque cette pigmentation est autrement plus louable que celle des humains – tout à fait somptueuse. De quoi inspirer un peintre en mal de sujet vivement coloré.
Martin GALGALLUS