samedi 27 février 2010

Figure bouclée

24 A bien y réfléchir...


Un point c’est tout

Celui qui est pris d’une irrépressible envie d’avoir un ruban de Möbius personnel (en fait, chacun d’entre nous, tôt ou tard) sait que sa fabrication implique une partie première : la jointure. Instant décisif où il ne faut oublier ni une torsion de 180° à l’un des bouts ni la colle. Sinon, une fois collé, vous méritez l’unique note identique à la forme élémentaire obtenue: zéro.
Si l’on admet que, grâce à Möbius, nos deux infinis contraires et universels ne forment qu’une seule étendue, où se trouvent les bouts collés demandera le scientifique douteur. Mais on pourrait tout aussi bien employer l’approprié synonyme du dernier terme, à savoir: douteux.
Entre parenthèse, voici la synthèse d’une hypothèse de thèse sans métathèse.
Le big-bang engendreur d’un univers boumant a besoin de sa contrepartie, que certains appellent «big crunch». Faute de quoi, il manque l’essentiel: la possibilité d’une dimension concevable de démarrage.
Autrement, à quel niveau infime commencerait le big-bang, sachant que ce départ à lieu forcément «quelque part» au cours de l’infiniment petit? Où placer la butée du curseur?
Un problème qui peut en poser un même à Dieu: une vraie colle. Car «avant» l’instant du démarrage cosmique, cette «dimension» serait trop petite: d’une insignifiance piteuse, presque risible.
Sans compter qu’à une échelle pareille, cela peut vite devenir catastrophique. Au lieu du point de départ attendu: pfft! rien du tout. Rien que du rien, et pas autre chose.
Outre qu’un truc si petit peut s’égarer facilement, glisser entre les doigts divins, se perdre Lucifer sait où: même pas le diamètre d’un grain de poussière, d’un atome, d’un quark… Bref, pas bésef!
Et parlons-en car c’est important, une perte aux conséquences tragiques: pas de planète bleue et pas d’hommes pour la polluer. Quel gâchis (potentiel) c’eut été! Par bonheur, l’immodérément infinitésimal cordon a pris: nous offrant l’opportunité de polluer entièrement la terre. Donc tout va bien!
Alors revenons à notre interrogation récurrente. Quand l’espace (ici on n’a pas le temps de parler de lui) apparut, il avait quelle taille précise l’étonnant détonant (dans la mesure où Dieu, seul témoin irrécusable, tendit l’oreille) point génésiaque?
L’aboutissement consécutif au big crunch (pour s’épargner l’emploi de «terme», à connotation irrévocable et pathétique) résout élégamment l’énigme en question. D’une part, il autorise l’union des «bouts à coller», d’autre part, il règle automatiquement la valeur du point de départ recherchée. Celle-ci se situant très exactement à la seule position médiane en mesure de réunir les deux infinis. Tel le tour de taille d’une star, ni excessif ni insuffisant: parfait!
Martin GALGALLUS

samedi 20 février 2010

Figure ronde

23 A bien y réfléchir...

La solution de continuité est renversante

Reprenez une petite portion de noix: la suite réclame encore un peu d’attention. Après, vous pourrez vous détendre avec l’assemblage des 5000,25 pièces de votre puzzle représentant la voûte céleste.
Les décimales (0,25) ont leur raison d’être. D’une façon mathématisée, elles indiquent la présence de quelques pièces superfétatoires (pas des doubles) étudiées avec un soin extrême afin d’égarer le joueur. Autrement la partie serait trop simple et risquerait de s’achever en un temps ridiculement court.
Tout savant d’envergure a une fonction essentielle. Doué d’une précision d’horloger maniaque d’exactitude, d’un souci du détail scrupuleux de métreur assermenté, d’une rigueur fervente d’investigateur passionné par le décryptage des mécanismes de l’univers, ses efforts constants le portent à démontrer avec acharnement l’impossibilité de la moindre nouvelle proposition scientifique – surtout celle d’un collègue de promotion. Bien sûr, dans le but d’élever toujours plus haut les nobles valeurs d’une science idéale, exonérée d’erreurs. Un tel zélateur de l’épistémè ne pourrait s’empêcher d’objecter. Si le huit couché forme une ligne unique, sans contact à l’intersection, et que chaque boucle relève de l’infiniment grand pour l’une et l’infiniment petit pour l’autre [rire], cette belle théorie s’écroule d’elle-même! Comment ces deux infinis se raccorderaient-ils? Chihuahua et saint-bernard, nucléon et supergéante rouge, hypocondriaque et bilieux, blablabla…
Critique judicieuse, mais ce serait trop vite oublier l’attachant Möbius et sa bande au complet. Que nous dévoile l’anneau retournant de l’astronome? Chaque endroit du ruban à son envers, et pourtant sa superficie est partout la même, sans interruption: quelque chose d’unique!
S’inspirant de cet exemple singulier, on pourrait admettre que les deux infinis si opposés qui circonscrivent notre monde à chaque instant ne forment en réalité qu’une seule et même étendue. Où l’on voit une nouvelle fois que Dieu serait peu prodigue de Ses prodiges. Chapeau l’artiste!
Existe-t-il une meilleure façon de procéder? L’habileté souveraine en littérature – donc en tout – c’est d’obtenir le maximum d’effet à l’aide d’un minimum de moyens. N’importe quel humain créateur de n’importe quoi pourra donc gracieusement louer Sa performance.
Martin GALGALLUS

samedi 13 février 2010

Figure parlante

22 A bien y réfléchir...

Le symbole de l’infini fut conçu à dessein

Rappelons que l’indication de l’infini (pour nos usages courants si fréquents) est un huit couché: ∞.
Le fait que ce symbole reste constamment couché ne surprendra personne si l’on pense qu’il s’applique à des espaces illimités: de quoi être vite épuisé. Première explication parfaitement claire que tout le monde est capable de saisir d’emblé.
En revanche, la forme doublement giratoire exige un petit effort mental. C’est pourquoi, il convient d’ajouter à votre intellection quelques neurones frais en avalant une ou plusieurs noix (selon sa taille, son poids et la circonférence de sa cervelle). Il existe des abaques commodes qui facilitent ces calculs, alors autant respecter les quantités idoines. Mais quel que soit le résultat chiffré, ne jamais oublier: la noix s’absorbe coque enlevée (au contraire de l’œuf à la coque, bien que celle-ci ne se mange pas davantage). Cette pratique fondée est pourtant inenvisageable sur les bateaux, sinon ils coulent.
Le système à double boucle nous rappelle que l’infini se perd dans deux directions: l'immensité versus l'infinitésimalité. Sans doute, certains l’ont déjà ressenti au cours de leurs déplacements dans les transports en commun: sans grève ou avec.
Remarque importante: quelles que soient les circonstances, ces deux étendues inverses ne doivent pas être confondues, surtout quand elles atteignent des dimensions extrêmes. Ou cela peut créer des problèmes insolubles. Il faut donc rester vigilant.
Les chercheurs scrupuleux peuvent remarquer que le croisement des deux boucles ne se fait pas sur un même plan: point crucial mais non unique. Cette intersection s’opère obligatoirement dans la troisième dimension. Bien sûr, l’axe vertical de notre vision du pictogramme rend l'appréciation difficile. Mais l’habitude aidant, cette particularité géométrique devient vite distinguable, même sans microscope.
Les lignes du symbole de l’infini ne se croisent donc pas «physiquement», telles ces bêtes d’exception destinées aux concours. Pourquoi ça, pourraient – durant la pause d’une rencontre sportive – se demander un groupe de téléspectateurs qui se désaltèrent. Oui! pourquoi ce recours à la troisième dimension, alors qu’il serait si économique de n’en utiliser que deux?
Parce que c’est indispensable. Déjà qu’on ne croise pas les chihuahuas avec des saint-bernard, à plus forte raison, quand il s’agit de l’infiniment petit et l’infiniment grand. Le chemin d’un nucléon n’a aucun rapport de taille avec la trajectoire d’une supergéante rouge. N’étant pas s’assortis, ils ne peuvent s’accoupler. De même qu’aucun hypocondriaque ne toucherait un bilieux lors d’une épidémie grippale. Par principe: méthodique dans le premier cas, idiosyncrasique dans l’autre. Vérités d’évidence qui se conçoivent aisément. Pas besoin d’avoir fait de longues études pour cela.
Martin GALGALLUS

samedi 6 février 2010

Question existentielle


21 A bien y réfléchir...

Les incertitudes sont universelles

Le surgissement de l’univers, grâce au fameux big-bang, n’a pu se produire qu’ailleurs (à une adresse impossible qu’aucun facteur virtuose ne saurait dénicher), hors du couple espace-temps. Sans quoi cela signifierait que sa présence précéda sa survenue: absurde! Avant qu’une chose ne soit créée, elle n’existe pas. On doit par conséquent considérer cette dernière comme nulle et non avenue.
Une sacrée question qui ne souffre d’aucun compromis, ou alors on sombre dans la folie shakespearienne. Ainsi l’histrion figurant Hamlet, qui crâne face au verbe substantivé, évoque un constat intrigant dont le prince du Danemark s’avère, dans son délire, incapable de trancher, avec sa célèbre formule: naître ou n’être pas.
Une alternative que tout le monde aurait intérêt à ne jamais oublier dans la vie courante. La réalité de toute chose repose seulement sur deux possibilités: elle est avérée ou non. Un choix simple: c’est soit l’un, soit l’autre. Et il convient d’apprécier en permanence la justesse de son analyse, spécialement quand l’autre est suspect.
Ainsi concernant les affaires de gratifications fabuleuses – qui immanquablement virent à l’arnaque –, toujours se méfier des intermédiaires quand ils ne fournissent aucune preuve tangible. Ou «connaissable», comme lors de la dernière (mais pas ultime) crise du pognon à gogos, avec ses innovations financières «sophistiquées» (dernier adjectif riche en significations telles frelatées, trafiquées, et surtout falsifiées). De sombres calculs pour cela totalement opaques.
Ce n’est pas pour rien que nos anciens, plutôt fines mouches, dans la mythologie grecque, choisirent un seul dieu (Hermès) qui fut commun aux marchands et aux voleurs. On l’aura compris, l’insuffisance divine n’était pas en cause car les sages de ce temps étaient prodigues en dieux allégoriques, leur fécondité surhumaine étant due à un engendrement fantastique. Sans compter l’ère des Romains où tous furent doublés. Il est vrai qu’on ne chipotait pas à l’époque, comparé aux parcimonieuses religions monothéistes. Des pertes auxquelles s’ajoutent, aujourd’hui, nos ressources minérales, d’innombrables espèces végétales et animales, outre les espèces bancaires, l’ample offre de produits agricoles.., ces variétés dont le spectacle agrémente pourtant l’art du divertissement.
Martin GALGALLUS

samedi 30 janvier 2010

Nature débordante

20 A bien y réfléchir...

L’espace disponible de l’univers n’est pas compté

A l’évidence, on ne case pas un bel univers comme le nôtre nulle part. Il nécessite une place conséquente. D’autant plus qu’il ne cesse de croître. Ce qui nous ramène au «contenant» et à un problème de rangement: sur quoi notre univers gagne-t-il son extension? Grenier, cave, échauguette, balcon, appentis, garage…?
Si dans un local bondé une grosse brute écarte les bras, ses voisins fluets se compriment davantage. Tout espace récupéré empiète forcément sur quelque chose: où que ce soit, quoi que ce soit. Chaque usager du métro connaît cet axiome d’instinct.
Puisque l’univers se dilate, et pas qu’un peu d’ailleurs, c’est au détriment de quoi? Forcément d’un «machin» qui peut l’accueillir sans couiner. Il ne faut pas nous prendre pour des buses!
Et soyons sérieux, on ne peut imaginer que notre univers soit environné de néant, cela signifierait qu’il se trouve à l’intérieur même du néant. Et toute chose plongée dans le néant est ipso facto néantisée. Hors notre univers existe bel et bien, autrement personne ne poserait ces grandes questions qui obnubilent les générations successives d’humains depuis leur accès au raisonnement verbalisé, telle: à quelle heure on mange?
Selon toutes vraisemblances, le «lieu» d’accueil du big-bang, et à sa suite l’univers tout entier, ignore la parcimonie. A croire qu’on pourrait tous aussi bien loger plusieurs univers, peut-être même une myriade, dans ce truc sans nom connu du public.
Martin GALGALLUS

samedi 23 janvier 2010

Position indéterminée

19 A bien y réfléchir...

Notre univers est forcément apparu en un point indubitable

Pour que le big-bang eut lieu, un autre d’ordre plus ou moins «spatial» dû l’anticiper. Un «lieu» difficile à définir sinon par une absence de propriétés matérielles. On pourrait conséquemment appeler celui-ci un «non-espace-temps». Il s’agit en fait d’un «non-lieu» possédant néanmoins une certaine substance, sans doute infinitésimale: presque rien, mais quelque chose quand même. Un vide bien plus vide que notre vide à nous, lequel n’est jamais qu’une partie constitutive de la matière. Sans vide, pas d’atome et sans atomes, pas de matière. Notre vide le plus absolu s’avère donc être de la matière. C’est si vrai qu’en grande quantité, nous apprennent les astronomes, il dégage de l’énergie.
Un vide sûrement très proche du vide cérébral dont sont affligés ceux qui entendent à la lettre les livres saints, pour leur malheur. Et surtout celui des autres, les esprits libres qui veulent échapper au joug débilitant des mabouls de Dieu.
Une «chose» frisant l’abstraction, animée de virtualités prodigieuses, qualités indispensables au développement d’un big-bang viable, dont le fonctionnement vraisemblable pourrait s’apparenter aux bizarreries du pays fantasque d’Alice. En ce domaine, on doit s’attendre à tout, sinon au grand Tout. En tout cas, l’endroit devrait présenter des attributs encore plus aberrants que ceux produits par la mécanique quantique, déjà limites, avec ses lois physiques contraires aux principes bienséants de l’honnête homme.
Martin GALGALLUS

samedi 16 janvier 2010

Entendement indéfini

18 A bien y réfléchir...

L’infini nous fait tourner en rond

La bêtise humaine recèle une caractéristique partout répandue: l’illimité. On peut donc en tirer quelques déductions utiles au musard. L’homme (bête ou non) se situe entre deux infinis: à égale distance de l’en deçà sans fin du quasiment rien et l’au-delà sans fin des étendues astronomiques. Deux notions extrêmes que l’esprit humain ne peut appréhender pleinement puisque limité aux capacités restreintes d’un cerveau fini. La saine intelligence, par conséquent, devrait pousser le sage à choisir un sujet de réflexion plus accessible.
Cependant, l’insensé ne renonce jamais à gloser l’incompréhensible, afin de goûter ce plaisir divin réservé aux seuls arpenteurs d’incommensurable. Mais dans ce cas, comment imaginer d’une façon satisfaisante un espace dénué de terminaison, débouchant à ses «extrémités» sur des vastitudes toujours renouvelées?
Sous le sot du secret (qui garde des seaux sans raison), circule cette spéculation. Qui dit infini, dit aucun arrêt. Hors, si vous vous trouvez sur un cercle, il n’y a d’arrêt nulle part. Autrement dit: ni commencement ni fin. Et si ce cercle est de dimension pharamineuse, comment pourrait-on soupçonner la tromperie? C’est-à-dire le retour cyclique au même «endroit», l’observateur n’y voyant que du feu.
Assurément, un tel processus prouverait que Dieu économise ses moyens: sans se montrer pingre, n’exagérons pas. D’ailleurs qui Lui donnerait tort par ces temps de crise d’espèces? En admettant évidemment que Son existence soit prouvée scientifiquement, telle l’avidité sans scrupules des traders qu’un économiste rigoureux peut mettre en équation.
Il faudrait être cintré pour croire que la création fonctionne ainsi, pensera le rationaliste. Justement, tout est là: cintré. Ici, ce terme convient à merveille. Puisque l’espace-temps se déforme occasionnellement nous dit la science, pourquoi n’existerait-il pas un infime «cintrage spatio-temporel», global et constant, qu’aucun instrument (actuel) ne peut mesurer? Une courbure infime à un point tel qu’elle est totalement imperceptible: comme la compassion chez ces chefs religieux condamnant à mort des hommes sous prétexte que ceux-ci auraient «déplu» à Dieu. Nouvelle preuve que la connerie androïde, doublée en l’occurrence d’ignoble cruauté, ne connaît aucun bornage. Ce type d’odieux dol – maigre consolation – indique cependant qu’on reste bien dans notre sujet: l’infini.
Après tout, la création nous propose maints modèles circulaires où tournent des tas de choses: les électrons autour du noyau atomique, les planètes autour du soleil, les formations stellaires autour de l’axe galactique, les garçons autour d’une jolie fille, le monde entier autour de l’égotiste, l’emberlificateur autour du pot… Bref, tout tourne autour de nous et en nous, à nous faire tourner la tête. Alors, pourquoi notre espace-temps – si élastique – n’en ferait-il pas autant? Du reste, l’univers n’est-il pas en expansion continuelle sans à aucun moment éclater comme un ballon caoutchouteux – fameux prodige –, alors qu’il s’infléchisse un soupçon de chouïa, où serait la difficulté? Qui peut le plus peut bien autre chose.
Martin GALGALLUS