dimanche 8 novembre 2009

Illégitime anglais

8 A bien y réfléchir...

Il faut être à cheval sur le sexe des objets

Les anglophones, ces grands naïfs, ne se sont jamais rendus compte que les objets avaient une masculinité ou une féminité. Incroyable mais vrai! Pourtant ça crève les yeux. Les Français, avec peut-être plus d’acuité que d’autres peuples, sont très sensibles à ce genre de chose, c’est-à-dire au genre des choses.
Au fond, il s’agit d’une affaire d’hobbies divergents. Pour preuve, l’argot américain possède une énorme quantité de mots désignant l’argent. Alors que chez nous, notre plus abondante richesse lexicale est réservée au sexe féminin, soulignant le fossé culturel qui nous sépare. Cette distinction penche évidemment en notre faveur.
Tous les hommes ne peuvent être captivés par les mêmes sujets, avec la même ardeur. Que certains idiomes aient des lacunes, soit ! Toutes les nations du monde n’ont pas la chance d’accéder à un langage de haute rationalité. Mais que leurs déficiences linguistiques aillent jusqu’à nier l’évidence, un être civilisé ne peut l’admettre. On doit en toutes circonstances rester lucide et voir les choses telles qu’elles sont, à savoir: sexuées.
Martin GALGALLUS

dimanche 1 novembre 2009

Français fautif

7 A bien y réfléchir...

Certains désaccords se changent en objets de scandale

Le Français accorde volontiers l’article convenable à l’objet qui demande cette concordance. Mais cela ne constitue qu’un hors-d’œuvre. La procédure grammairienne n’est pas forcément terminée, pour peu que vous complétiez la chose avec quelques adjectifs et divers participes étayés d’indispensables appoints pronominaux, tout en enrichissant à peine la phrase. C’est alors une ribambelle de mots qu’il convient d’assortir sans fourvoiement. Toujours, bien sûr, à une vitesse supersonique.
De toute évidence, ne pas respecter l’accord du genre est très grave. Plus qu’une faute de goût : une insulte à ce petit quelque chose qui différencie le mâle de la femelle. Comparable à vêtir d’un soutif et d’une petite culotte de soie dentelée Adam. Ou Eve, d’un slip kangourou. Les objets ont leur amour-propre, sachons ne pas tourner leur honorable identité sexuelle en ridicule. Tous ne visent pas à parader sur un char de Gay Pride ou à s’illustrer par des facéties vestimentaires lors d’une bouffonnerie.
Martin GALGALLUS

dimanche 25 octobre 2009

Français ambigu

 6 A bien y réfléchir...

Nous devons accorder nos objets de bon gré

Durant la moindre conversation, même la plus banale, le Français est aux aguets. Il surveille l’irruption de chaque objet. Dès la survenue dudit objet – en l’espace d’un éclair –, le valeureux locuteur natif des terres de sagesse linguistique doit identifier son sexe et lui accoler l’article organiquement congruent, juste avant l’expulsion buccale du nom. Une pratique qui franchement ne l’est pas tant que ça. Mais qui procure au parleur la joie de maîtriser un art subtil, réservé seulement à une élite : ces humains qui savent exploiter l’intégralité de leurs ressources encéphaliques. Les étrangers, à l’opposé, gros faignants insensés, négligent dans leur propre langue cette différenciation génitale – sacrée – des objets. Comment peuvent-ils ? Comment osent-ils ? On en frémit d’horreur !
Martin GALGALLUS

dimanche 18 octobre 2009

Français équivoque

5 A bien y réfléchir...

Est possible le passage de l’objet au mot

Le malaise du Français et son interrogation récurrente vis-à-vis des mots ambigus ne pouvaient plus durer. Quelqu’un voulu absolument trouver l’explication à ce mystère : en l’occurrence, un intellectuel carrément philosophe (licencié es courriels). Selon lui, le pourquoi du sexe problématique de tels objets se devait d’être élucidé au plus tôt car la paix des méninges dans l’Hexagone en dépendait. Cet achoppement incompréhensible touchant une langue si bien construite lui était devenu insupportable. Il prit les choses en main. Il fit la tournée des ministères. On l’écouta avec attention. Il constitua des dossiers monstrueux. Il plaida sa cause auprès de l’ensemble des médias. On le vit partout. Nul ne put prendre en défaut sa thèse si bien documentée. A aucun moment, il ne cessa de ménager sa peine, consacrant ses jours et ses nuits à la mission de sa vie. Personne n’aurait pu le dissuader d’aller jusqu’au bout de son entreprise. A force de ténacité, il finit par convaincre la nation entière que l’honneur du pays était en jeu. Grâce à quoi, les plus hautes autorités politiques débloquèrent en priorité les fonds nécessaires à cette recherche fondamentale. Un vaste comité de savants se mit sur le champ au travail. Rien ne devait être laissé au hasard. Le moindre fait fut vérifié, les témoignages croisés, les écrits authentifiés, les sondages certifiés… Après huit ans d’efforts acharnés, le résultat enfin arriva. Tout concordait. La conclusion s’imposait. Vérité limpide et inattendue. Qui eut pu s’en douter ? Les objets en question étaient tout simplement.., homosexuels. D’où les flottements renouvelés, d’où la confusion ressentie par l’usager du français à leur rencontre. Une victoire de la sémiotique éclatante.
Tout bien considéré, on aurait dû percer l’énigme depuis longtemps. Cela tombait sous le sens. Pourquoi les objets qui, nous le savons, ont tous un sexe, ce comporteraient-ils différemment des humains ? Aucune raison.
Martin GALGALLUS

dimanche 11 octobre 2009

Français embarrassant

4 A bien y réfléchir...

L’objet en question est interrogatif

Il arrive parfois que même les Français dits « de souche », rodés à l’identification express des parties génitales de chaque objet surgissant dans la conversation, éprouvent néanmoins une véritable difficulté pour attribuer le sexe idoine à certaines choses et autres machins. B… ! ça, au juste, c’est masculin ou féminin ? Cruelle alternative qui, en cas d’erreur, vous fait passer pour un ignare. Ce problème ne concerne heureusement pas les étrangers lorsqu’ils s’expriment dans notre langue. Ils peuvent commettre nombre d’incongruités, rares sont les Français qui les reprennent. Devant la crasse ignorance de ces baragouineurs venus d’ailleurs, nous nous contentons d’en ricaner in petto. Sauf nos compatriotes les moins charitables qui n’hésitent pas à s’en gaussent d’une façon ostensible. Ceci dit, rien de plus normal : les étrangers sont toujours ridicules quand on pense à leurs usages extravagants. Par exemple, lorsqu’ils font preuve d’une incohérence coupable en ne tenant aucun compte du sexe des objets. On voit ainsi à quel point l’absurdité ne connaît pas de limite. Mais laissons ces natifs des terres d’inculture à leur misérable carence langagière et posons-nous la question essentielle. Quelle cause motive l’hésitation des Français, toutes les fois qu’ils rencontrent un objet génitalement sibyllin? Pourquoi cette incapacité récurrente à lui assigner tel sexe plutôt que l’autre ? Barbe ou tampon périodique ? Bien sûr, systématiquement, on consulte le dictionnaire afin d’en extraire l’information capitale. Ensuite, cela va sans dire, on pousse ses facultés cérébrales au maximum en vue de la mémoriser une bonne fois pour toutes. Cependant, lorsqu’on tombe à nouveau dessus, pas moyen de s’en ressouvenir. Alors pourquoi ?
Martin GALGALLUS

samedi 3 octobre 2009

Français hardi

3 A bien y réfléchir...


Les objets ne peuvent qu'être sexués

Nous autres, Français, savons tous qu’un tabouret possède des testicules, et une table, un vagin. Quand on quitte la cuisine, le soir, une fois l’électricité coupée, sait-on vraiment ce qui se passe, toute la nuit, dans cette pièce ? Quelquefois, on entend le bois qui craque. Cela devrait nous mettre la puce à l’oreille.
Les Français d’aujourd’hui n’imaginent pas le travail incroyable, démesuré qu’il fallut fournir au cours des temps défunts, siècle après siècle, pour attribuer aux objets un sexe (et le bon). A chaque chose, sans exception, il fut nécessaire d’indiquer la nature exacte de son entrecuisse. Y compris aux termes abstraits : mission encore plus ardue. Et il convenait (il convient d’ailleurs toujours) de ne commettre aucune erreur. La moindre faute serait effroyable pour la libido des objets : mettons-nous à leur place. Mais de courageux aréopages se sont toujours activés, se réunissant à toutes les époques (qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige) afin de convoquer individuellement, pour examen consciencieux, chaque nom – même les étrangers. De nos jours encore, tout jeune mot doit y passer. Alors l’identique cérémonial d’intronisation recommence. Les doctes savants répètent la formule rituelle : baisse ta culotte ! Et il n’y a pas de pruderie à invoquer. Le savant impérativement doit savoir. Pour cela, il n’existe qu’un seul moyen : tomber le froc.
Martin GALGALLUS

jeudi 1 octobre 2009

Américain dominant

2 A bien y réfléchir...


Les USA forment une grosse Germanie

Dans un pays « neuf », constitué d’individus venus de toutes parts, on peut raisonnablement affirmer que le groupe d’immigrés majoritaires est celui qui – par la force des choses – a le plus façonné la mentalité locale. Ce groupe modèle le caractère national, influence la majorité des citoyens, dans leurs convictions, leurs habitudes, etc. Et s’inscrivant dans la durée, cette communauté ne cesse jamais d’imprimer son expression profonde à toute la nation. Or il faut savoir que le groupe de peuplement le plus nombreux, durant la création des Etats-Unis d’Amérique, était germanophone. Ni bien, ni mal : c’est comme ça, voilà tout !
Un récit fondateur de cette terre de pionniers prétend même que l’allemand a failli devenir la langue officielle. Que l’anglais l’ait supplanté n’a rien d’étonnant quand on connaît le manque d’aptitude des anglophones pour les langues étrangères. A l’opposé, les germanophones ont une facilité en ce domaine qui frise l’effronterie. Toutefois, concernant cette répugnance à connaître la langue des autres, (hormis lors d’un baiser appuyé), le Français peut s’enorgueillir de dépasser l’anglophone. Les matières où l’on surpasse les autres étant suffisamment rares, autant en faire mention sans vergogne.
En se référant au précepte fameux et avéré, issu des grandes écoles d’outre-atlantique, selon lequel vingt mots valent mille images, un seul exemple écrit sera donc suffisant pour montrer à quel point cette influence est étendue et va se nicher là où on l’attend le moins. Ainsi, qui y a-t-il de plus typiquement américain que les cow-boys du Far West, à part la statue de la Liberté, cadeau d’admirateurs, expédiée par la France ? Eh bien, ces fameux vachers montés, lorsqu’ils entonnent leurs chants ruraux, souvent yodlent, tels nos porteurs des culottes courtes de peau alpins.
Martin GALGALLUS