samedi 30 janvier 2010

Nature débordante

20 A bien y réfléchir...

L’espace disponible de l’univers n’est pas compté

A l’évidence, on ne case pas un bel univers comme le nôtre nulle part. Il nécessite une place conséquente. D’autant plus qu’il ne cesse de croître. Ce qui nous ramène au «contenant» et à un problème de rangement: sur quoi notre univers gagne-t-il son extension? Grenier, cave, échauguette, balcon, appentis, garage…?
Si dans un local bondé une grosse brute écarte les bras, ses voisins fluets se compriment davantage. Tout espace récupéré empiète forcément sur quelque chose: où que ce soit, quoi que ce soit. Chaque usager du métro connaît cet axiome d’instinct.
Puisque l’univers se dilate, et pas qu’un peu d’ailleurs, c’est au détriment de quoi? Forcément d’un «machin» qui peut l’accueillir sans couiner. Il ne faut pas nous prendre pour des buses!
Et soyons sérieux, on ne peut imaginer que notre univers soit environné de néant, cela signifierait qu’il se trouve à l’intérieur même du néant. Et toute chose plongée dans le néant est ipso facto néantisée. Hors notre univers existe bel et bien, autrement personne ne poserait ces grandes questions qui obnubilent les générations successives d’humains depuis leur accès au raisonnement verbalisé, telle: à quelle heure on mange?
Selon toutes vraisemblances, le «lieu» d’accueil du big-bang, et à sa suite l’univers tout entier, ignore la parcimonie. A croire qu’on pourrait tous aussi bien loger plusieurs univers, peut-être même une myriade, dans ce truc sans nom connu du public.
Martin GALGALLUS

samedi 23 janvier 2010

Position indéterminée

19 A bien y réfléchir...

Notre univers est forcément apparu en un point indubitable

Pour que le big-bang eut lieu, un autre d’ordre plus ou moins «spatial» dû l’anticiper. Un «lieu» difficile à définir sinon par une absence de propriétés matérielles. On pourrait conséquemment appeler celui-ci un «non-espace-temps». Il s’agit en fait d’un «non-lieu» possédant néanmoins une certaine substance, sans doute infinitésimale: presque rien, mais quelque chose quand même. Un vide bien plus vide que notre vide à nous, lequel n’est jamais qu’une partie constitutive de la matière. Sans vide, pas d’atome et sans atomes, pas de matière. Notre vide le plus absolu s’avère donc être de la matière. C’est si vrai qu’en grande quantité, nous apprennent les astronomes, il dégage de l’énergie.
Un vide sûrement très proche du vide cérébral dont sont affligés ceux qui entendent à la lettre les livres saints, pour leur malheur. Et surtout celui des autres, les esprits libres qui veulent échapper au joug débilitant des mabouls de Dieu.
Une «chose» frisant l’abstraction, animée de virtualités prodigieuses, qualités indispensables au développement d’un big-bang viable, dont le fonctionnement vraisemblable pourrait s’apparenter aux bizarreries du pays fantasque d’Alice. En ce domaine, on doit s’attendre à tout, sinon au grand Tout. En tout cas, l’endroit devrait présenter des attributs encore plus aberrants que ceux produits par la mécanique quantique, déjà limites, avec ses lois physiques contraires aux principes bienséants de l’honnête homme.
Martin GALGALLUS

samedi 16 janvier 2010

Entendement indéfini

18 A bien y réfléchir...

L’infini nous fait tourner en rond

La bêtise humaine recèle une caractéristique partout répandue: l’illimité. On peut donc en tirer quelques déductions utiles au musard. L’homme (bête ou non) se situe entre deux infinis: à égale distance de l’en deçà sans fin du quasiment rien et l’au-delà sans fin des étendues astronomiques. Deux notions extrêmes que l’esprit humain ne peut appréhender pleinement puisque limité aux capacités restreintes d’un cerveau fini. La saine intelligence, par conséquent, devrait pousser le sage à choisir un sujet de réflexion plus accessible.
Cependant, l’insensé ne renonce jamais à gloser l’incompréhensible, afin de goûter ce plaisir divin réservé aux seuls arpenteurs d’incommensurable. Mais dans ce cas, comment imaginer d’une façon satisfaisante un espace dénué de terminaison, débouchant à ses «extrémités» sur des vastitudes toujours renouvelées?
Sous le sot du secret (qui garde des seaux sans raison), circule cette spéculation. Qui dit infini, dit aucun arrêt. Hors, si vous vous trouvez sur un cercle, il n’y a d’arrêt nulle part. Autrement dit: ni commencement ni fin. Et si ce cercle est de dimension pharamineuse, comment pourrait-on soupçonner la tromperie? C’est-à-dire le retour cyclique au même «endroit», l’observateur n’y voyant que du feu.
Assurément, un tel processus prouverait que Dieu économise ses moyens: sans se montrer pingre, n’exagérons pas. D’ailleurs qui Lui donnerait tort par ces temps de crise d’espèces? En admettant évidemment que Son existence soit prouvée scientifiquement, telle l’avidité sans scrupules des traders qu’un économiste rigoureux peut mettre en équation.
Il faudrait être cintré pour croire que la création fonctionne ainsi, pensera le rationaliste. Justement, tout est là: cintré. Ici, ce terme convient à merveille. Puisque l’espace-temps se déforme occasionnellement nous dit la science, pourquoi n’existerait-il pas un infime «cintrage spatio-temporel», global et constant, qu’aucun instrument (actuel) ne peut mesurer? Une courbure infime à un point tel qu’elle est totalement imperceptible: comme la compassion chez ces chefs religieux condamnant à mort des hommes sous prétexte que ceux-ci auraient «déplu» à Dieu. Nouvelle preuve que la connerie androïde, doublée en l’occurrence d’ignoble cruauté, ne connaît aucun bornage. Ce type d’odieux dol – maigre consolation – indique cependant qu’on reste bien dans notre sujet: l’infini.
Après tout, la création nous propose maints modèles circulaires où tournent des tas de choses: les électrons autour du noyau atomique, les planètes autour du soleil, les formations stellaires autour de l’axe galactique, les garçons autour d’une jolie fille, le monde entier autour de l’égotiste, l’emberlificateur autour du pot… Bref, tout tourne autour de nous et en nous, à nous faire tourner la tête. Alors, pourquoi notre espace-temps – si élastique – n’en ferait-il pas autant? Du reste, l’univers n’est-il pas en expansion continuelle sans à aucun moment éclater comme un ballon caoutchouteux – fameux prodige –, alors qu’il s’infléchisse un soupçon de chouïa, où serait la difficulté? Qui peut le plus peut bien autre chose.
Martin GALGALLUS

samedi 9 janvier 2010

Philosophie souterraine

17 A bien y réfléchir...

Le plus grand des philosophes est américain

Rien ne pouvait laisser prévoir le destin inouï de ce maître philosophe quand on connaît son origine géographique lourdement handicapante (la nation des mixtures culinaires impardonnables). Evidemment, tout le monde ne peut pas être issu d’un sol où naquirent les premiers nectars vinaires à bulles prévus pour célébrer nos événements marquants ou bien ce fleuron d’une haute technologie qu’est la pince à escargot. Malgré son sort contraire, cet esprit supérieur, vivant – on ne le soulignera jamais assez – parmi d’authentiques sauvages dans l’art de vivre, parvint à offrir au monde le fruit splendide de sa concentration intellectuelle. Après une telle description, bien sûr, chacun aura reconnu le nom de ce brillant penseur qui n’est autre que Gene Roddenberry.
Au milieu du siècle dernier, ce géant des investigations cognitives prodiguait ses cours exotériques sous forme de séries télévisées. Procédé judicieux pour dispenser la sagesse, très innovant à l’époque. Il permettait d’atteindre en peu de temps une infinité de disciples.
Les travaux essentiels de Gene Roddenberry portent le nom de Star Trek: pour marquer vraisemblablement l’espace incommensurable où peut s’ébattre une pensée libre de toute entrave.
Abordons maintenant la substance de son œuvre, laquelle n’a pas d’équivalent. Sans doute, Platon, avec sa caverne, propose-t-il un éclairage intéressant sur la condition humaine. Mais cela manque de clarté. Heureusement, plus de 2000 ans plus tard, notre puissant penseur apporta sa contribution au savoir universel, et quelle contribution. Gene Roddenberry réinterprète l’allégorie bien connue où joue un rôle important une simple grotte préhistorique destinée aux Hellènes ignorant tout du confort cérébral (pourtant si indispensable à nos contemporains, comme le mobile multifonctions ou les slips antibactériens).
On le comprend bien, en ce temps-là, compte tenu du public antique, on ne pouvait guère espérer mieux quant au chez-soi réflexif. Ces circonstances caduques engendraient un carcan mental dont se libère  hardiment notre méditatif d’outre-atlantique qui remplace le trou à rat de l’Athénien par une cavité ultraperfectionnée: sorte d’antre futuriste nommé «holodeck». Son concept majeur.
Pour les ilotes, rappelons ce qu’est le holodeck. Il s’agit d’un immense local vide qui se programme à la manière des jeux vidéo. On y fait apparaître n’importe quel environnement minéral, végétal, animal, accompagné de tous les objets et personnes imaginables. Après quoi, l’individu pénètre dans ce milieu pseudo-virtuel où tout est bel et bien tangible, aussi crédible que l’univers «normal». Sur le plan inspirateur, c’est quand même autre chose que l’indigent repaire du Grec. Entre les deux métaphores, il n’y a pas photo!
Cette idée avant-gardiste permet de susciter des réflexions inspirantes parfaitement adaptées à l’homme moderne, dont la suivante. Admettons l’existence d’une personne plongée à son insu dans le holodeck. Comment celle-ci pourrait-elle percevoir la vraie réalité?
Seul moyen pour connaître (ou retrouver) l’ultime réalité: découvrir la porte cachée derrière le faux décor si croyable.
Réalité suprême tant recherchée par Platon, dont ce dernier n’a cependant jamais indiqué la manière exacte de l’éprouver, dans le sens concret où l’on met la main sur sa clé égarée. Peut-on être plus clair?
Donc, pour nous autres mortels, tout ne serait que leurres: une réalité artificielle.
Un collègue de Gene Roddenberry, lui aussi professeur en sapience par voies audiovisuelles, le confirme à sa façon avec son célèbre précepte philosophique: « la vérité est ailleurs ».
Martin GALGALLUS

samedi 2 janvier 2010

Raison épidermique

16 A bien y réfléchir...

L'humanité nous en fait voir de toutes les couleurs

La coloration «peau d’Arabe» est très recherchée par l’homme blanc. En effet, l’heureux porteur d’une telle nuance possède l’indéniable avantage de pouvoir se pavaner autour du bipède resté pâlot, l’air dédaigneux, tels ces oiseaux danseurs au plumage orgueilleux – les rectrices frémissantes. L’assourdissant discours sous-entendu d’un tel paradeur est à l’évidence on ne peut plus explicite: Toi, t’as pas les moyens d’aller hâler au soleil des rivages exotiques ou sur une piste enneigée. Hou ! que t’es vilain!
De sorte que tous les blancs ne sont pas aussi blancs qu’ils le prétendent. Cela entraîne, du reste, une question qui demanderait un éclaircissement: à quelle nuance précise s’arrête le blanc – exactement? Autrement dit, quand l’homme blanchâtre cesse-t-il d’être blanc? Pour devenir autre chose, mais alors quoi?
Sans conteste, les noirs ne présentent pas un épiderme d’une noirceur absolue. Il existe chez eux une large variété de nuances foncées. Pourquoi, en sens inverse, n’en va-t-il de même avec l’homme blanc ? Que l’on sache, arabe n’est pas une couleur, ni iranien, ni indien... Pourquoi donc tous ces blancs d’apparence ne sont-ils pas estampillés blancs authentiques? Alors que, parmi eux, beaucoup sont moins sombres que certains «vrais» blancs grillés aux rayons dorant des riches. Cette interrogation a de quoi obscurcir l’esprit.
Par ailleurs, quand un blanc bien blanc se cuit au soleil, l’écueil restera toujours pour lui les traces du maillot – disgracieuses. La tribu des nudistes, qui ont résolu depuis longtemps ce problème épineux, nomment les personnes soucieuses de conserver un minimum de tissu: «fesses blanches». Evidemment, tout le monde souhaite échapper à ces marques peu seyantes – pour les moments de stricte intimité, cela va sans dire. C’est pourquoi, à l’abri des regards indiscrets, certains fignoleurs exposent la totalité de leur épiderme aux rayons colorants. Ce faisant, s’ils sont très impatients, le risque est grand qu’un coup de soleil touchant leurs parties blafardes empourpre celles-ci à outrance. Le peuple, dans son langage cru, pourrait alors appeler ces perfectionnistes trop rissolés, à juste titre: «culs rouges». Tels nos cousins simiesques exhibant, sans pruderie maladive, leur postérieur rubicond. Ce en quoi ils ont bien raison puisque cette pigmentation est autrement plus louable que celle des humains – tout à fait somptueuse. De quoi inspirer un peintre en mal de sujet vivement coloré.
Martin GALGALLUS