La nature des objets flottants coule de source
Les anglophones n’accordent d’attribut sexuel qu’à un seul objet : le bateau. C’est déjà un début, excellent au demeurant, propre à frapper les esprits. Un bon point pour eux. Finalement, ils ne sont peut-être pas aussi déraisonnables qu’on pourrait le penser de prime abord, encore doivent-ils prolonger leur effort. Si ces ingénus ont réussi à saisir le principe général de notre système, rien ne les empêche d’aller plus loin sur la voie du bon sens, en attribuant à tous leurs objets le sexe approprié.
Reste un problème embarrassant. Pour une raison inexplicable (comment fonctionnent les cervelles anglo-saxonnes? Mystère!), le sexe dont ces irrépressibles buveurs de thé affublent leur navire est féminin. Effarant! Un bateau, une gonzesse: n’importe quoi! Soyons sérieux, dès leur plus jeune âge, tous nos compatriotes savent que les navires sont des mâles. On ne peut que rire de cette méprise grossière, et à bon droit.
Ainsi, dans un bassin de radoub, aucun Anglais n’aurait remarqué certaines parties saillantes, sous chaque poupe ? Imaginez la taille des testicules d’un porte-avion ou d’un cuirassier. Non! les Anglais n’ont rien vu. Ils ne se sont aperçus de rien. Quels empotés ! Réflexion faite, concernant ces théières ambulantes, a-t-on vraiment affaire à des créatures douées de raison?
Martin GALGALLUS
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