samedi 28 novembre 2009

Paradoxal anglais

11 A bien y réfléchir...

Sont allés sur la lune des sauvages

Les anglophones s’expriment comme des arriérés, des incultes, des béotiens. Nous le savons, ils ne respectent aucunement la nature sexuelle des mots désignant les objets. Par exemple, ces barbares diront (traduit dans notre belle langue si implacablement logique): «je m’assois sur tabouret devant table pour vider contenu de bouteille dans verre». Les abrutis! Même un bambin français peu éveillé ne parle pas d’une manière aussi fruste.
Pourtant ces ahuris, usant d’une langue si rudimentaire, ont été capable de déposer un être humain sur notre boule sélènite? Cela dépasse l’entendement. Comment ont-ils pu y parvenir sans pourvoir d’une vulve la fusée et de testicules le LEM? Impensable! Pauvre fusée, pauvre LEM. Des objets sans foufounette ni roubignoles… Et ça ose se dire scientifique.
Martin GALGALLUS

dimanche 22 novembre 2009

Allemand dénaturé

10 A bien y réfléchir...

La reproduction de certains objets s’avère parfois impossible

Le comportement des Allemands est autrement pire que celui des Anglais. A l’inverse de ces derniers, abusés par leur âme candide, les Allemands sont parfaitement au courant. Ils savent fort bien que les objets sont filles ou garçons. D’ailleurs ils traitent une partie de ceux-ci comme on le ferait avec un monsieur ou une madame. Jusque-là, rien de répréhensible. Bien au contraire, c’est même tout à leur honneur. Toutefois, pour certains objets, ce qu’ils font est terrible! Ils emploient le «neutre». Opération consistant à priver certaines malheureuses choses de leur sexualité. Car ne mâchons pas les mots: ce terme «neutre», sur le plan concret, signifie que l’objet ainsi désigné a perdu son sexe. Quel procédé atroce! Surtout aux yeux des Français qui savent que tous les objets (et non pas seulement quelques-uns) doivent bénéficier d’une sexualisation pleine et entière. Sans prendre de gants et à tour de bras, les brutes teutonnes émasculent, châtrent, vasectomisent, excisent, ovariectomisent, coupent tout ce qui dépasse, tranchent dans le lard une partie capitale de la bête… Cela ne peut que heurter la sensibilité des Français. Comment peut-on tolérer une chose pareille, en Europe, à l’heure actuelle? Que font les ligues garantissant la préservation de l’intégrité sexuelle? C’est abominable! Une véritable honte!
Martin GALGALLUS

dimanche 15 novembre 2009

Débutant anglais

9 A bien y réfléchir...

La nature des objets flottants coule de source

Les anglophones n’accordent d’attribut sexuel qu’à un seul objet : le bateau. C’est déjà un début, excellent au demeurant, propre à frapper les esprits. Un bon point pour eux. Finalement, ils ne sont peut-être pas aussi déraisonnables qu’on pourrait le penser de prime abord, encore doivent-ils prolonger leur effort. Si ces ingénus ont réussi à saisir le principe général de notre système, rien ne les empêche d’aller plus loin sur la voie du bon sens, en attribuant à tous leurs objets le sexe approprié.
Reste un problème embarrassant. Pour une raison inexplicable (comment fonctionnent les cervelles anglo-saxonnes? Mystère!), le sexe dont ces irrépressibles buveurs de thé affublent leur navire est féminin. Effarant! Un bateau, une gonzesse: n’importe quoi! Soyons sérieux, dès leur plus jeune âge, tous nos compatriotes savent que les navires sont des mâles. On ne peut que rire de cette méprise grossière, et à bon droit.
Ainsi, dans un bassin de radoub, aucun Anglais n’aurait remarqué certaines parties saillantes, sous chaque poupe ? Imaginez la taille des testicules d’un porte-avion ou d’un cuirassier. Non! les Anglais n’ont rien vu. Ils ne se sont aperçus de rien. Quels empotés ! Réflexion faite, concernant ces théières ambulantes, a-t-on vraiment affaire à des créatures douées de raison?
Martin GALGALLUS

dimanche 8 novembre 2009

Illégitime anglais

8 A bien y réfléchir...

Il faut être à cheval sur le sexe des objets

Les anglophones, ces grands naïfs, ne se sont jamais rendus compte que les objets avaient une masculinité ou une féminité. Incroyable mais vrai! Pourtant ça crève les yeux. Les Français, avec peut-être plus d’acuité que d’autres peuples, sont très sensibles à ce genre de chose, c’est-à-dire au genre des choses.
Au fond, il s’agit d’une affaire d’hobbies divergents. Pour preuve, l’argot américain possède une énorme quantité de mots désignant l’argent. Alors que chez nous, notre plus abondante richesse lexicale est réservée au sexe féminin, soulignant le fossé culturel qui nous sépare. Cette distinction penche évidemment en notre faveur.
Tous les hommes ne peuvent être captivés par les mêmes sujets, avec la même ardeur. Que certains idiomes aient des lacunes, soit ! Toutes les nations du monde n’ont pas la chance d’accéder à un langage de haute rationalité. Mais que leurs déficiences linguistiques aillent jusqu’à nier l’évidence, un être civilisé ne peut l’admettre. On doit en toutes circonstances rester lucide et voir les choses telles qu’elles sont, à savoir: sexuées.
Martin GALGALLUS

dimanche 1 novembre 2009

Français fautif

7 A bien y réfléchir...

Certains désaccords se changent en objets de scandale

Le Français accorde volontiers l’article convenable à l’objet qui demande cette concordance. Mais cela ne constitue qu’un hors-d’œuvre. La procédure grammairienne n’est pas forcément terminée, pour peu que vous complétiez la chose avec quelques adjectifs et divers participes étayés d’indispensables appoints pronominaux, tout en enrichissant à peine la phrase. C’est alors une ribambelle de mots qu’il convient d’assortir sans fourvoiement. Toujours, bien sûr, à une vitesse supersonique.
De toute évidence, ne pas respecter l’accord du genre est très grave. Plus qu’une faute de goût : une insulte à ce petit quelque chose qui différencie le mâle de la femelle. Comparable à vêtir d’un soutif et d’une petite culotte de soie dentelée Adam. Ou Eve, d’un slip kangourou. Les objets ont leur amour-propre, sachons ne pas tourner leur honorable identité sexuelle en ridicule. Tous ne visent pas à parader sur un char de Gay Pride ou à s’illustrer par des facéties vestimentaires lors d’une bouffonnerie.
Martin GALGALLUS

dimanche 25 octobre 2009

Français ambigu

 6 A bien y réfléchir...

Nous devons accorder nos objets de bon gré

Durant la moindre conversation, même la plus banale, le Français est aux aguets. Il surveille l’irruption de chaque objet. Dès la survenue dudit objet – en l’espace d’un éclair –, le valeureux locuteur natif des terres de sagesse linguistique doit identifier son sexe et lui accoler l’article organiquement congruent, juste avant l’expulsion buccale du nom. Une pratique qui franchement ne l’est pas tant que ça. Mais qui procure au parleur la joie de maîtriser un art subtil, réservé seulement à une élite : ces humains qui savent exploiter l’intégralité de leurs ressources encéphaliques. Les étrangers, à l’opposé, gros faignants insensés, négligent dans leur propre langue cette différenciation génitale – sacrée – des objets. Comment peuvent-ils ? Comment osent-ils ? On en frémit d’horreur !
Martin GALGALLUS

dimanche 18 octobre 2009

Français équivoque

5 A bien y réfléchir...

Est possible le passage de l’objet au mot

Le malaise du Français et son interrogation récurrente vis-à-vis des mots ambigus ne pouvaient plus durer. Quelqu’un voulu absolument trouver l’explication à ce mystère : en l’occurrence, un intellectuel carrément philosophe (licencié es courriels). Selon lui, le pourquoi du sexe problématique de tels objets se devait d’être élucidé au plus tôt car la paix des méninges dans l’Hexagone en dépendait. Cet achoppement incompréhensible touchant une langue si bien construite lui était devenu insupportable. Il prit les choses en main. Il fit la tournée des ministères. On l’écouta avec attention. Il constitua des dossiers monstrueux. Il plaida sa cause auprès de l’ensemble des médias. On le vit partout. Nul ne put prendre en défaut sa thèse si bien documentée. A aucun moment, il ne cessa de ménager sa peine, consacrant ses jours et ses nuits à la mission de sa vie. Personne n’aurait pu le dissuader d’aller jusqu’au bout de son entreprise. A force de ténacité, il finit par convaincre la nation entière que l’honneur du pays était en jeu. Grâce à quoi, les plus hautes autorités politiques débloquèrent en priorité les fonds nécessaires à cette recherche fondamentale. Un vaste comité de savants se mit sur le champ au travail. Rien ne devait être laissé au hasard. Le moindre fait fut vérifié, les témoignages croisés, les écrits authentifiés, les sondages certifiés… Après huit ans d’efforts acharnés, le résultat enfin arriva. Tout concordait. La conclusion s’imposait. Vérité limpide et inattendue. Qui eut pu s’en douter ? Les objets en question étaient tout simplement.., homosexuels. D’où les flottements renouvelés, d’où la confusion ressentie par l’usager du français à leur rencontre. Une victoire de la sémiotique éclatante.
Tout bien considéré, on aurait dû percer l’énigme depuis longtemps. Cela tombait sous le sens. Pourquoi les objets qui, nous le savons, ont tous un sexe, ce comporteraient-ils différemment des humains ? Aucune raison.
Martin GALGALLUS